Il faut sauver la rivière de La Mouche - Interview de Gilbert Allard (Association de protection)

La rivière de la Mouche prend sa source à Saint-Genis-Laval, chemin des Platanes (et non rue des Sources) et se jette dans le Rhône à Irigny, au vieux port, après avoir traversé une partie de Pierre-Bénite.




Histoire de la Mouche (par Emmanuelle JOLY-GREGOIRE (ASPAL) mars 2002

Il faut sauver la rivière de La Mouche - Interview de Gilbert Allard (Association de protection)
Malgré la modestie de son cours, moins de 5 km, son histoire, connue dès le XIIIè siècle, est intéressante à rappeler.

Son nom serait un terme générique gaulois signifiant « source ».

Pour Saint-Genis-Laval, c’est un lieu historique puisque ce serait auprès de sa source que notre commune aurait pris naissance. En effet, il y aurait eu, dans des temps très reculés, une petite communauté qui s’y serait installée. Est-ce au temps des gaulois ou des romains ?

On ne le sait pas, quoique le nom de « Collonges » venant de « Colonia » laisse supposer une occupation romaine. A une date inconnue, cette communauté se serait réfugiée, pour se mettre à l’abri, sur le point le plus haut et le plus proche, c’est à dire à l’emplacement de l’église actuelle.

Déjà, en 1871-72, Georges COUTAGNE avait publié, dans les annales de la Société Physiophile de Lyon, une étude sur la « source d’Yvours » mentionnant entre autre sa température constante de 12°C et les particularités de sa faune et de sa flore.

Plus près de nous, la FRAPNA vient de se pencher sur ses caractéristiques et proposer un plan de sauvegarde et de mise en valeur.

Revenons donc aux sources... de la Mouche. Près de celles-ci se trouvait une place appelée « de Jérusalem » déjà citée en 1500. Là, s’élevaient une croix et une chaire de prédicateur en pierre, encore signalées sur les plans de 1787.

Tous les ans, le mardi de Pâques, un père de l’ordre des Récollets venait y prêcher. Les habitants de Saint-Genis et des communes voisines y venaient nombreux, souvent avec quelques tonneaux de vin. A la suite d’excès, Monsieur de Saint Georges abolit cette fête.


Si actuellement, beaucoup ne connaissent de la Mouche que le nom d’un quartier, d’un carrefour ou d’une zone industrielle, il faut s’aventurer sur ses rives pour imaginer les activités multiples de ce modeste ruisseau.

Il y eut jusqu’à sept moulins sur la Mouche : moulins à moudre le blé dont le dernier a cessé ses activités il y a une cinquantaine d’années, une « blancherie » pour les draps et les toiles utilisant les propriétés particulières de l’eau, « des foulons à peau » (tanneries), des moulins à chanvre.

Le plus ancien était le moulin Navet ou Novet (1283), devenu moulin de la Verrière ayant appartenu en 1560 à Thomas de Gadagne puis aux Mascrany.

Auprès de ces moulins se développent d’autres activités : tanneries et indienneries au XVIIIe siècle, en 1877 une usine d’impression sur étoffe, à la même époque un atelier de fournitures pour quincaillerie, une usine de passementerie active jusqu’en 1952.

Il y eut, en 1864, un projet de construction d’un abattoir public... toujours à l’étude en 1928.

L’activité agricole la plus importante était la culture de cresson aux sources de Jérusalem. Il y a une trentaine d’années, le cresson de la Mouche était encore vendu au marché du vendredi.


Maraîchers et pêcheurs à la truite animaient la vie de la Mouche.

Rappelons, pour l’anecdote, les souvenirs de Madame VIDALENCHE qui, en 1992, se souvenait qu’avant la grande guerre, « les eaux de la Mouche étaient fortifiantes pour les jambes des chevaux des maraîchers, ces derniers les amenaient baigner plusieurs heures dans un plan d’eau situé au rond point de la Mouche ».

En 1992, l’ASPAL a voulu faire revivre ce cours d’eau en organisant une « descente de la Mouche, suivie d’une exposition : le succès fut grand. L’exposition a été présentée à Pierre-Bénite et à Irigny.


L’année suivante, il n’en fallait pas plus pour que Monsieur CLEMENT, Instituteur au groupe scolaire Albert Mouton, ne « prenne la mouche »... Il fait participer sa classe de CM1 au concours sur la sauvegarde de l’environnement proposé par « la grande famille », émission de Béatrice Le Metayer et Jean-Luc Delarue sur Canal + : grande effervescence au printemps sous l’œil des caméras. Douze projets sont retenus au plan national, dont la Mouche, et le 9 juin, les yeux des Saint-Genois sont rivés sur Canal + en clair.

La Maison Pointue regarde alors de plus près sa voisine et participe aux journées du patrimoine de septembre 1999 avec un rallye surprise le long de la rivière.

C’est alors que la FRAPNA se penche sur le cours de la Mouche dès février 2000 avec une action d’éducation à l’environnement auprès des écoles et des adultes grâce à des sorties et des conférences.

Et l’on découvre alors de nouveaux habitants : les castors !

Il s’ensuivra des actions de restauration du ruisseau et de ses abords.

Depuis huit siècles, les eaux de ce modeste ruisseau n’ont cessé d’alimenter la vie de ce quartier et si ces dernières années, elles étaient proches de la mort par pollution, espérons qu’elles vont retrouver leur limpidité première.

Samedi 16 Janvier 2010
xavier metral


1.Posté par DOMINGE le 03/02/2010 08:48
Un tres beau commentaire, y a t 'il un livre à se sujet.,car ceci est tres interessant

2.Posté par CLAUDE le 11/02/2010 15:33
Habitant de St Genis pendant 30 ans puis d'Irigny, j'ignorais l'histoire de cette riviere.
Merci pour ces explications tres interressantes.

3.Posté par Yvette le 25/03/2010 21:31
Je m'intéresse à cette rivière La Mouche dont l'histoire est passionnante. Je vais contacter dès que possible Gilbert ALLARD pour faire partie de l'association Je suis heureuse de constater un regain d'intéret pour ces cours d'eau qui au fil des années ont été délaissés, voire détruits. Un exemple qui me consterne : en haut de ma rue à ST GENIS, chez un particulier, une source coule en permanence, elle sort de la bouche d'une pompe en fonte et part dans l'égout . C'est fort dommage, que peut-on faire ? Alors que dans les décennies à venir on manquera probablemenr d'eau .....

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