Un buraliste aux pieds magiques (2eme partie)

Tous les jours, vous achetez votre journal chez lui ! Et pourtant êtes vous sûr de bien le connaître ?

Dominique Marais
Ancien joueur professionnel de football de 1975 à 1986...
Buraliste à St Genis Laval (rue des halles) depuis 10 ans...



Quelle était la vie d'un footballeur professionnel de cette époque ?

Un buraliste aux pieds magiques (2eme partie)
C'était complètement différent par rapport à aujourd'hui ! Les structures d'entrainement et d'hygiène de vie n'étaient pas les mêmes ! La rigueur n'était pas toujours le leitmotiv des joueurs ! Par rapport à aujourd'hui, c'était le jour et la nuit !
Lors de mes débuts, c'était un peu le folklore : certains joueurs fumaient dans les vestaires; les journalistes rentraient comme ils le voulaient; tout le monde n'était pas toujours à l'heure à l'entrainement...
Non, le changement véritable que j'ai connu à l'OL, ce fut l'arrivée d'Aimé Jacquet ! Avec lui, tout est devenu très professionnel, très carré... Nous sommes rentrés un peu plus dans la rigueur et l'organisation que connaissent les joueurs actuels : décrassage les lendemains de match, réveil musculaire d'avant-match, soins et massages réguliers, préparation en altitude, intensification des séances avant les grands échéances, etc.

Etiez-vous souvent reconnu dans la rue par le public ?

Un buraliste aux pieds magiques (2eme partie)
A Lyon, excepté les grandes vedettes, les joueurs étaient assez anonymes... Pour ma part, je pouvais faire ce que je voulais à Lyon car je n'étais pas une tête d'affiche. Par contre, à Rennes, c'était un peu différent. La ville était plus petite et dès qu'un joueur se rendait quelque part, il était forcément reconnu... Il était difficile de rester dans l'ombre... Certains ont d'ailleurs pété les plombs !!!

Au sein d'un groupe, était-il facile de gérer les différences de statut et de salaire entre les joueurs ?

Tant que tout se passait bien, personne ne se posait de question sur le salaire de certains joueurs. Personnellement, j'étais conscient de ma valeur et je me disais que c'était logique. A Tours, par exemple, la vedette, c'était Delio Onnis. Tant qu'il marquait, personne ne disait rien. Tout le monde se foutait de son salaire et de son hygiène de vie ! Par contre, dès qu'il a baissé de niveau... Il a eu des détracteurs...
Quand le gars gagne dix fois plus que vous, on se dit que c'est comme ça ! Que finalement, il a bien négocié son contrat ! Et puis, le foot c'est avant tout une passion ! On joue et on ne se pose pas vraiment de question sur le revenu des uns et des autres.

Quand on joue défenseur n'est-on pas un peu jaloux du succès des attaquants auprès du public ?

Lorsque je jouais, je ne voyais pas cette disproportion qui pouvait exister entre le statut des attaquants et celui des défenseurs. C'est vrai que j'en suis plus conscient depuis que je ne joue plus au foot. Aujourd'hui, j'ai un peu mal pour les défenseurs ou les milieux de terrain défensifs comme Dhorasso qui passe à la trappe.
A cette époque de ma vie, je ne réfléchissais pas trop à ça... Dans les équipes où je suis passé, le groupe était plus important que les individualités !... Nous avions peut être plus un esprit d'équipe et de club que les joueurs actuels...

Quels sont vos meilleurs souvenirs de joueurs ?

Un buraliste aux pieds magiques (2eme partie)
Je n'ai gardé que des bons souvenirs même si les lendemains de défaites, ce n'était pas toujours très marrant à vivre...

Le meilleur souvenir de ma carrière restera surement la remontée en D1 avec Rennes en 1983... C'était la folie et l'effervescence... La ville était en fête... Les gens étaient tous dans la rue... Ce fut la même ambiance que lorsque Lyon est devenu champion en 2001... Ce sont des moments inoubliables dans une carrière de footballeur.

Les derbys contre l'AS St Etienne, lorsque je jouais à l'OL, restent également de très grands souvenirs! Il s'agissait de matchs particuliers... Lorsque l'on rentrait sur le terrain, nous étions parcourus de frissons... En plus, à cette époque, nous jouions contre la grande équipe de St Etienne avec les Platini, Rocheteau, Lacombe... Eux étaient au sommet alors que nous, nous étions plutôt dans le ventre mou du championnat, voir même dans le bas du classement.

Lundi 7 Mars 2005
stéphane gonzalez


1.Posté par Dupont Denis le 10/08/2005 07:47
Salut Stéphane.
J'ai trouvé cet article très interressant, les questions très pertinentes.
Aurais tu manqué ta vocation ?
Saint-Genis Laval en profite en attendant...

A bientôt,

Denis




AFP des St Genois



Vos prochains évènements (CADEC)

A propos

La Voix du Coq, le magazine des Saints-Genois, vous est proposé
par Jean-Michel Salaud, Raphael Jimenez et Stéphane Gonzalez
en collaboration avec l'agence de communication interactive
Omaha-Beach.

Contact

Omaha-beach
SARL au capital de 30.000 €
Av. Marcel Mérieux - Park Avenir - 69530 Brignais
Tel : 04 78 05 45 98
contact@omaha-beach.fr